
Au rythme des voix et des chants, du pianissimo au crescendo, l’Histoire avec un grand H s’écrit, s’emballe, s’accélère. À l’occasion du centenaire de Konrad Wolf (1925-1982), le festival Lumière 2025 a mis à l’honneur l’œuvre de ce réalisateur à travers une rétrospective de cinq de ses films. Figure majeure du cinéma est-allemand, auteur d’une œuvre profondément marquée par la guerre, l’exil, la mémoire et l’identité nationale, Wolf filme les fractures du XXᵉ siècle comme on écouterait une chanson interrompue, reprise et transformée.
De son film Lissy, où les airs populaires de la République de Weimar se mêlent à la montée du fascisme, jusqu’à Solo Sunny, son film le plus intime, où la voix d’une jeune chanteuse se perd dans l’écho d’une RDA en plein déclin, c’est toujours le même refrain, la même rengaine, un ostinato obsédant : l’individu face à la Grande Histoire. Des prémices du régime nazi à l’épuisement de la République Démocratique Allemande, en passant par la guerre (Étoiles, J’avais 19 ans) et par la construction du mur de Berlin (Le Ciel partagé), Konrad Wolf, en chef d’orchestre, nous donne ainsi à voir à entendre une fresque nationale tiraillée entre un réalisme socialiste et des itinéraires intimes. À la manière des symphonies urbaines de Walter Ruttmann, une histoire se déploie à partir des corps, des chants et des espaces.

Pour (re)découvrir l’œuvre de ce cinéaste, nous vous proposons une déambulation sonore, une errance à travers des chants filmiques, sortes de témoins portant en eux les traces de l’Histoire.
Avec Stefanie Eckert, directrice générale de la fondation DEFA, l’ancien studio d’État de l’Allemagne de l’Est aujourd’hui reconverti en un fond d’archives.
Un épisode de Radio Lumière 2025, réalisé par Romain Gallinaro et Louis Rubellin.
Les films de Konrad Wolf sont disponibles en accès libre sur arte.tv jusqu’au 19 juin 2026.