Essais-vidéo et courts-métrages réalisés par des étudiant·es de l’ENS de Lyon et de Lyon 2 dans le cadre des séminaires « Cinéma et imaginaires d’Internet » et « Partages de la mise en scène dans le cinéma documentaire contemporain » donnés par Ariane Papillon, A.T.E.R en études cinématographiques, en 2025-2026 à l’ENS de Lyon (master Pensées du cinéma).
Ce court métrage est d’abord une question d’écoute, de bruit et de musique. Il part de la sensation d’étourdissement que peut provoquer une intense session de scrolling. À cet assourdissement passif, il ne s’agissait pas de répondre par un vain appel à la quiétude, mais plutôt par une quête d’une musique plus personnelle, d’une parole plus profonde. Se faire araignée, c’est trouver sa propre façon – patiente, minutieuse, active – de se déplacer sur la toile, plutôt que de s’y laisser prendre au piège. Car Internet n’est pas un territoire neutre, et les plateformes de réseaux sociaux le sont encore moins. Les algorithmes se font le miroir d’une domination matérielle et historique par agglomérats de discours individualisés, reproduction de clichés et de topoï qui participent à nous façonner. L’angle de ce court métrage est plus personnel : il s’agit de prendre un peu de recul sur la façon dont l’algorithme d’Instagram participe à la construction d’une identité afro-descendante. Se faire araignée, c’est aussi refuser le pessimisme, sans pour autant céder à la naïveté, pour chercher des manières intimes de déplacer le regard. Ici, voir la toile comme une machine à remonter dans le temps, une étoffe d’archives, où l’on peut retrouver une vieille chanson ou la rediffusion d’une vieille émission, et y trouver des mots et des agencements de bruits qui nous parlent. Ce n’est qu’une mince tentative de se réapproprier un flux – moins incontrôlable qu’on ne pourrait le croire – d’images et de mots qui peuvent sembler nous assaillir. Les images nous appartiennent. Les bruits sont les nôtres. La toile est à nous.